CACES

Plaque de charge CACES : lire la capacité d'un chariot

Centre de gravité, hauteur de levée, capacité effective : comment lire la plaque de charge d'un chariot, avec des exemples fictifs et les erreurs à éviter.

Mis à jour le 29 septembre 2026Lecture 12 min

Sommaire8 parties
  1. À quoi sert la plaque de charge ?
  2. Capacité nominale et capacité effective : deux notions à ne pas confondre
  3. Ce qu'on trouve sur une plaque de charge
  4. Lire la plaque pas à pas : un exemple fictif
  5. Les erreurs les plus fréquentes
  6. Comment la plaque de charge est évaluée au CACES R489
  7. Questions fréquentes
  8. Se former à la lecture des plaques de charge

La plaque de charge d'un chariot élévateur indique la masse maximale qu'il peut lever en sécurité, en fonction de deux paramètres : la hauteur à laquelle la charge est levée et la distance entre le centre de gravité de la charge et la fourche. Savoir la lire est une compétence exigée pour le CACES R489, testée à l'épreuve théorique comme à l'épreuve pratique, et c'est surtout ce qui évite au chariot de basculer vers l'avant.

Ce guide explique ce que contient une plaque de charge, comment la lire pas à pas (avec des exemples chiffrés volontairement fictifs), les erreurs les plus fréquentes et la manière dont ce point est évalué pour les catégories 3 et 5.

10 points

sur 100 pour l'abaque au test théorique R489

70/100

et la moyenne dans chaque thème pour réussir

6 tonnes

de capacité nominale au plus en catégorie 3

À quoi sert la plaque de charge ?

Un chariot frontal fonctionne comme une balance : la charge, placée en avant des roues avant, est équilibrée par la masse du chariot et de son contrepoids. Plus la charge pèse lourd, plus elle est placée loin en avant ou plus elle est levée haut, plus cet équilibre se rapproche de la rupture. Le manuel de conduite des chariots publié par l'INRS le résume ainsi : plus le centre de gravité de la charge s'éloigne des fourches vers l'avant, moins le chariot peut porter lourd, et la hauteur de levée comme l'inclinaison du mât vers l'avant entrent aussi en ligne de compte.

La plaque de charge traduit cet équilibre en chiffres. Tout chariot doit en être équipé. Elle se présente sous forme de tableau ou de courbe (on parle aussi d'« abaque de charges »). Elle évite au cariste de deviner : pour chaque manutention, il vérifie si le couple masse / position / hauteur reste dans les limites prévues par le constructeur.

Capacité nominale et capacité effective : deux notions à ne pas confondre

  • La capacité nominale est la charge maximale que le chariot peut lever, telle qu'indiquée sur la plaque constructeur. La recommandation R489 précise qu'elle ne dépend pas de l'équipement porte-charge monté sur le chariot. C'est elle qui sert à classer le chariot : jusqu'à 6 tonnes de capacité nominale, un chariot frontal en porte-à-faux relève de la catégorie 3, au-delà de la catégorie 4.
  • La capacité effective (souvent appelée capacité résiduelle) est la charge réellement admissible dans une situation donnée, compte tenu de la hauteur de levée, de la position du centre de gravité de la charge et de l'équipement porte-charge. Elle est toujours inférieure ou égale à la capacité nominale.

Un chariot vendu comme un « 2,5 tonnes » ne lève donc pas 2,5 tonnes dans toutes les situations. Cette valeur n'est garantie que dans les conditions de référence indiquées par le constructeur. Dès que la charge est plus profonde ou montée plus haut, c'est le tableau qui fait foi.

Ce qu'on trouve sur une plaque de charge

Selon les constructeurs, la présentation varie, mais on retrouve toujours les mêmes informations :

ÉlémentCe qu'il représentePourquoi il compte
Distance du centre de gravité (souvent notée « d » ou « c », en mm)Écart horizontal mesuré depuis le talon des fourches jusqu'au centre de gravité de la chargePlus elle augmente, plus la capacité baisse
Hauteur de levée (en mm)Hauteur à laquelle la fourche est levéePlus elle augmente, plus la capacité baisse
Masse admissible (en kg)Charge maximale au croisement des deux valeurs précédentesC'est la limite à ne pas dépasser
Équipement concernéTablier, accessoire ou configuration de mât pour lesquels la plaque est valableUne plaque ne vaut que pour la configuration qu'elle décrit

Trouver le centre de gravité de la charge

Toute la lecture repose sur une donnée que la plaque ne donne pas : la position du centre de gravité de la charge réellement manutentionnée. L'INRS recommande de ne jamais soulever une charge sans connaître cette distance, en précisant que le centre de gravité se situe souvent au milieu de la charge.

Pour une charge homogène bien répartie, le raisonnement est simple : le centre de gravité est à peu près à mi-profondeur de la charge, mesurée depuis le talon de la fourche. Une charge de 1 m de profondeur, calée contre le talon, a donc son centre de gravité vers 500 mm. La même charge prise dans l'autre sens, sur 1,20 m de profondeur, l'aura vers 600 mm, et la capacité admissible sera plus faible.

Pour une charge non homogène (un côté plus lourd, une machine, un colis mal réparti), le centre de gravité se déplace vers la partie la plus lourde : c'est là que l'appréciation du cariste et les informations sur le colis deviennent indispensables.

Lire la plaque pas à pas : un exemple fictif

Hauteur de levéed = 500 mmd = 600 mmd = 700 mm
jusqu'à 3 000 mm2 000 kg1 700 kg1 450 kg
jusqu'à 4 500 mm1 800 kg1 550 kg1 300 kg
jusqu'à 5 500 mm1 500 kg1 300 kg1 100 kg

Plaque fictive, valeurs illustratives uniquement.

Cas 1 : la manutention est-elle possible ? Une palette de 1 400 kg, centre de gravité à 600 mm, à déposer à 4 000 mm. La hauteur de 4 000 mm n'est pas une ligne du tableau : on retient la ligne qui la couvre, « jusqu'à 4 500 mm ». Au croisement avec la colonne 600 mm, la capacité est de 1 550 kg. 1 400 kg étant inférieur, la manutention est possible sur ce chariot fictif.

Cas 2 : la même charge plus haut et plus profonde. La même palette de 1 400 kg, mais avec un centre de gravité à 700 mm et une dépose à 5 000 mm. Ligne « jusqu'à 5 500 mm », colonne 700 mm : 1 100 kg. La charge dépasse la capacité. La manutention est refusée en l'état : soit la palette est allégée, soit l'opération est confiée à un engin dimensionné pour cette masse.

Cas 3 : la hauteur accessible. Une charge de 1 600 kg, centre de gravité à 600 mm. Dans la colonne 600 mm, seule la première ligne (1 700 kg) dépasse 1 600 kg. Sur ce chariot fictif, cette charge ne peut donc pas être levée au-delà de 3 000 mm.

Ces trois cas correspondent aux deux lectures que la recommandation R489 demande de maîtriser : trouver la capacité pour une hauteur et une position du centre de gravité données, et trouver la hauteur accessible pour une masse et une position données.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Se fier à la capacité nominale. Le chiffre commercial du chariot n'est valable que dans les conditions de référence. Au-delà, seule la capacité effective lue sur la plaque compte.
  • Oublier l'équipement porte-charge. Remplacer ou ajouter un équipement (pince, tablier à déplacement latéral, rallonges de fourche...) modifie la stabilité du chariot, et la capacité baisse en règle générale. L'INRS indique que l'employeur doit alors vérifier la résistance et la stabilité du chariot avec ce nouvel équipement et informer le conducteur des nouvelles capacités. La limite à respecter est celle du chariot avec son équipement.
  • Mal estimer le centre de gravité. Une charge prise dans le mauvais sens, une palette non calée contre le talon ou un colis déséquilibré suffisent à avancer le centre de gravité de plusieurs centaines de millimètres.
  • Lire la plaque d'un autre chariot. Deux chariots de même capacité nominale peuvent avoir des tableaux différents, selon leur mât et leur équipement. La plaque se lit sur l'engin utilisé, pas de mémoire.
  • Ajouter du contrepoids. Ajouter une masse à l'arrière, ou faire monter quelqu'un sur le chariot pour lever plus lourd, est formellement proscrit par l'INRS.
  • Négliger l'inclinaison du mât. L'INRS range l'inclinaison du mât vers l'avant parmi les paramètres qui influent sur la capacité, au même titre que la hauteur. Avec une charge levée, c'est un mouvement à manier avec beaucoup de précaution.

Comment la plaque de charge est évaluée au CACES R489

La recommandation R489 de l'Assurance Maladie place la lecture de la plaque de charge au programme de la formation, dans la partie consacrée à la stabilité des chariots. Elle prévoit aussi que, pour chaque manutention, le conducteur contrôle au moyen de l'abaque ou du tableau de charges que l'opération est possible.

À l'épreuve théorique, commune à toutes les catégories, le thème « tableau / abaque de charges » pèse 10 points sur 100 : 5 points pour la capacité en fonction de la hauteur et du centre de gravité, 5 points pour la hauteur accessible en fonction de la masse et du centre de gravité. Comme la réussite suppose une note globale d'au moins 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème, un candidat qui ne sait pas lire la plaque peut échouer même avec un bon score ailleurs.

À l'épreuve pratique, plusieurs manœuvres commencent par une même vérification : s'assurer que le chariot est adapté à la manutention demandée. Pour plusieurs catégories, le matériel prévu pour les épreuves comprend d'ailleurs une charge « dépassant la capacité » : la masse indiquée dessus est fictive et dépasse ce que le chariot peut lever. La recommandation ne décrit pas le déroulé de cette épreuve, mais une telle charge n'a de sens que si le candidat compare la masse affichée à la plaque avant d'engager la manœuvre.

Catégorie 3 et catégorie 5 : les mêmes principes, des usages différents

Sur un chariot frontal de catégorie 3, la charge est en porte-à-faux devant les roues avant et équilibrée par la masse du chariot. La profondeur de la charge et le centre de gravité pèsent donc directement sur la capacité. Sur un chariot à mât rétractable de catégorie 5, la charge peut être amenée en porte-à-faux en avançant le mât, et ces chariots servent souvent au stockage en palettier. Le principe de lecture ne change pas, mais la hauteur à atteindre peut varier fortement d'un niveau d'alvéole à l'autre : la vérification se refait pour chaque emplacement, pas une fois pour toutes en début de poste.

Questions fréquentes

Où se trouve la plaque de charge sur un chariot élévateur ?

Elle est fixée sur le chariot lui-même, à un emplacement qui dépend du constructeur. Si elle est absente ou illisible, il faut le signaler à son responsable avant d'utiliser le chariot : sans elle, aucune manutention ne peut être vérifiée.

Que signifie « d = 500 mm » sur une plaque ?

La colonne « d = 500 mm » donne la capacité valable lorsque le centre de gravité de la charge se trouve à 500 mm du talon des fourches, ou plus près. Si le centre de gravité de la charge réelle est plus éloigné, il faut lire la colonne correspondante, où la capacité est plus faible.

La plaque de charge est-elle la même pour un CACES 3 et un CACES 5 ?

Le principe de lecture est identique. Chaque chariot a sa propre plaque, liée à son mât et à son équipement. Le candidat apprend une méthode, pas les valeurs d'un modèle particulier.

Peut-on dépasser un peu la capacité pour une seule manutention ?

Non. La valeur de la plaque est une limite, pas une recommandation. Si la charge dépasse la capacité effective, la solution passe par une charge fractionnée ou par un chariot plus puissant, jamais par un « essai » prudent.

À lire aussi

Se former à la lecture des plaques de charge

La lecture de la plaque s'apprend vite, mais elle demande de la pratique sur des cas concrets et sur de vrais chariots. C'est précisément l'objet de la formation qui précède le test CACES, par exemple dans le cadre d'une formation CACES 1, 3, 5. Pour trouver une session près de chez soi, le plus simple est de consulter les centres de formation CACES.

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