Le « permis cariste » n'existe pas en tant que permis : l'expression désigne en réalité le CACES, un certificat qui atteste qu'un conducteur possède les connaissances et le savoir-faire nécessaires pour utiliser une catégorie d'engins en sécurité, après avoir réussi un test théorique et un test pratique. Ce n'est ni un permis de conduire délivré par l'État, ni, à lui seul, une permission de conduire au travail : c'est l'employeur qui donne cette permission, par une autorisation de conduite.
Le raccourci « permis CACES » est compréhensible, car la démarche y ressemble : on se forme, on passe une épreuve, on reçoit un document à son nom. Mais les différences ont des conséquences concrètes, pour le salarié comme pour l'entreprise. Voici ce qu'il faut savoir avant de s'inscrire ou de comparer les prix.
5 ans
échéance du CACES chariots (R489)
10 ans
échéance du CACES engins de chantier (R482)
12 mois
pour repasser la seule épreuve manquée
Ce qu'est le CACES, en droit
CACES signifie Certificat d'aptitude à la conduite en sécurité. Le nom est une marque déposée, et le dispositif est encadré par l'Assurance Maladie – Risques professionnels (Cnam), qui publie, pour chaque famille d'équipements, une recommandation décrivant les catégories, le contenu minimal de la formation et le déroulé des tests. Pour les chariots élévateurs, qui sont l'univers du « cariste », il s'agit de la recommandation R.489 (voir la page CACES R489).
Trois points caractérisent ce certificat :
- Il sanctionne une évaluation, pas une présence en formation. Le candidat doit réussir une épreuve théorique et une épreuve pratique réalisée en situation réelle, sur un engin représentatif de la catégorie visée. La partie pratique est évaluée par un testeur qui n'a pas participé à la formation du candidat.
- Il est délivré par un organisme testeur certifié (OTC), le plus souvent un organisme spécialisé, parfois une entreprise qui utilise elle-même les engins. Ces organismes sont eux-mêmes certifiés par des organismes certificateurs accrédités par le Cofrac. Ni la préfecture, ni l'ANTS n'interviennent.
- Il vaut pour une catégorie précise. Un CACES R489 catégorie 3 ne couvre pas un chariot à mât rétractable (catégorie 5) : chaque catégorie fait l'objet d'un test et d'un certificat distincts.
La recommandation R.489 insiste aussi sur ce que le CACES n'est pas : il ne constitue pas un niveau de qualification professionnelle. Il reconnaît la maîtrise des questions de sécurité liées à la conduite, sur le plan théorique comme pratique, et rien de plus.
CACES, permis de conduire, autorisation de conduite : le tableau
| Permis de conduire | CACES | Autorisation de conduite | |
|---|---|---|---|
| Qui le délivre | L'État | Un organisme testeur certifié | L'employeur |
| Ce qu'il prouve | Le droit de circuler sur la voie publique avec un type de véhicule | Des connaissances et un savoir-faire évalués pour une catégorie d'engins | Que l'employeur autorise ce salarié à conduire tels engins, sur tel site |
| Suit le salarié s'il change d'entreprise | Oui | Oui, jusqu'à sa date d'échéance | Non, chaque employeur délivre la sienne |
| Durée | Selon la réglementation routière | Date d'échéance fixée par la recommandation (voir plus bas) | Fixée par l'employeur, qui peut la retirer à tout moment |
Le vrai sésame au travail : l'autorisation de conduite
Le Code du travail impose deux choses à l'employeur dont un salarié conduit un chariot élévateur ou un autre équipement mobile ou de levage : une formation adéquate (article R.4323-55) et une autorisation de conduite délivrée par l'employeur lui-même (article R.4323-56). Le CACES n'est pas cité par ces articles ; la Cnam le présente comme un bon moyen, pour l'employeur, de remplir son obligation de vérifier les connaissances et le savoir-faire du conducteur.
Avant de signer l'autorisation, l'employeur doit s'être assuré de trois éléments :
- le salarié détient une attestation d'absence de contre-indications médicales à la conduite, en cours de validité ;
- il est titulaire du CACES de la catégorie concernée (ou d'un diplôme qui en dispense, ou à défaut d'une attestation de réussite à une évaluation équivalente) ;
- il connaît les lieux et les consignes du site où il va conduire : plan de circulation, consignes de sécurité, protocole de chargement, etc.
La différence entre les deux documents est détaillée sur la page CACES ou autorisation de conduite.
Faut-il aussi le permis de conduire ?
Pour la plupart des caristes, non : un chariot élévateur utilisé dans un entrepôt ou sur un quai ne demande aucun permis de conduire routier, et le CACES R489 peut être passé sans permis B.
La règle inverse vaut pour les engins qui en exigent un : le CACES ne remplace jamais le permis de conduire. Si la machine doit, pour circuler sur la voie publique, être conduite par le titulaire d'une catégorie de permis, le candidat doit détenir ce permis avant même de commencer la formation et le test CACES. Les recommandations rappellent également, en citant le Code de la route (article R.221-1), qu'un véhicule soumis à permis sur la route l'est aussi sur une voie privée.
Cette situation concerne surtout des équipements qui se déplacent sur route ou qui sont montés sur un véhicule : certains engins de chantier (CACES R482), les grues mobiles, les nacelles dont le porteur est un véhicule, ou les grues de chargement installées sur un camion (CACES R490), pour lesquelles c'est la conduite du porteur qui est visée. La catégorie de permis exacte dépend du véhicule : c'est au cas par cas.
Combien coûte le « permis cariste » ?
Le prix d'un CACES cariste dépend avant tout de la formation qui le précède, pas du certificat lui-même. Les principaux facteurs sont :
- le nombre de catégories : passer plusieurs catégories R489 (par exemple 1B, 3 et 5) dans la même session coûte plus cher qu'une seule, puisque chaque catégorie a son propre test pratique ;
- la durée de formation, adaptée à l'expérience du candidat : un débutant a besoin de plus de jours qu'un conducteur qui recycle un CACES arrivé à échéance ;
- le centre, la région et le matériel mis à disposition.
Deux règles de la recommandation R.489 aident à lire un devis :
- lorsqu'un même organisme propose la formation et le test, l'offre commerciale du test CACES doit apparaître de manière distincte : on doit pouvoir identifier ce qui relève de l'évaluation ;
- une préparation qui se contenterait d'entraîner au questionnaire et aux gestes de l'épreuve ne suffit pas à remplir l'obligation de formation : pour se présenter au test, le candidat doit justifier d'une formation couvrant le référentiel de connaissances de la recommandation. Une offre anormalement courte mérite donc une question.
Les fourchettes de prix constatées et leurs variations sont détaillées sur la page prix d'une formation CACES, et les solutions de prise en charge (CPF, OPCO…) sur la page financement du CACES.
Combien de temps dure le « permis » ?
Contrairement à un permis de conduire, le CACES porte une date d'échéance. Pour les chariots élévateurs (R489), le conducteur doit repasser les épreuves au moins tous les 5 ans ; pour les engins de chantier (R482), l'échéance est de 10 ans. Les durées référentiel par référentiel sont sur la page validité du CACES.
Questions fréquentes
Peut-on passer le permis cariste sans permis B ?
Oui, pour un chariot élévateur utilisé en entrepôt ou sur site, aucun permis de conduire n'est demandé. Le permis n'est requis que si l'engin concerné en exige un pour circuler sur la voie publique.
Le « permis cariste » est-il obligatoire ?
Le Code du travail n'impose pas le CACES en tant que tel, mais il impose une formation et une autorisation de conduite délivrée par l'employeur. La recommandation R.489 présente toutefois le CACES comme un bon moyen de remplir l'obligation de contrôle des connaissances, et beaucoup d'employeurs l'exigent avant de délivrer l'autorisation. Voir le CACES est-il obligatoire ?.
Un mineur peut-il passer le CACES ?
La conduite de certains équipements par des jeunes de moins de 18 ans est encadrée par des règles spécifiques. Lorsque ces règles sont respectées, la recommandation R.489 indique que rien n'empêche un mineur de passer le CACES.
Qui garde le certificat, le salarié ou l'employeur ?
En principe, le certificat est remis à son titulaire, qui le présente à son employeur. Si c'est l'employeur qui le reçoit, il doit le transmettre au salarié une fois l'autorisation de conduite délivrée. Le CACES appartient donc au salarié, et le suit d'une entreprise à l'autre.
Le permis cariste permet-il de conduire tous les chariots ?
Non. Chaque catégorie R489 correspond à un type de chariot (transpalette ou gerbeur à conducteur porté, chariot frontal, chariot à mât rétractable…). Le détail des catégories les plus demandées est sur la page CACES chariot élévateur.
À lire aussi
- Carte CACES : ce que contient le certificat et comment le vérifier
- Devenir cariste : métier, CACES, formation et salaire
- Passer le CACES : prérequis, tests et résultats, étape par étape
Trouver une formation
Pour obtenir un CACES cariste, la démarche commence par une formation adaptée à son niveau, suivie du test auprès d'un organisme testeur certifié. Trouvez un centre de formation CACES près de chez vous et demandez un devis détaillant la formation, le test et les catégories visées.
